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Urbex : dans l’étrange intimité d’un « love hotel » japonais abandonné

Urbex : dans l’étrange intimité d’un « love hotel » japonais abandonné

urbex
28 février 2018
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28 février 2018
Le photographe néerlandais Bob Thissen a visité un love hotel désert et vidé de sa population de couples en quête d'intimité. Frissons.

Jacuzzi, mobilier en formica, fauteuils sixties, statues aguicheuses et peintures de couples en pleins ébats ou de muses dénudées… mais aussi matelas rond, lit-carrosse, armure médiévale et une profusion de téléviseurs encastrés à même les murs, parfois seules fenêtres rappelant que le monde extérieur n’est jamais bien loin.

Où sommes-nous ? Non pas dans les vestiges usés d’une vie de cour décadente, mais au Fuurin Motel, un « love hotel » japonais abandonné, havre éphémère de paix et d’amour pour couples souvent discrets et en manque d’intimité.

 

love hotel litBobThissen - Urbex : dans l'étrange intimité d'un "love hotel" japonais abandonné

 

Mais qu’est-ce qu’un « love hotel » ? « C’est pour les couples japonais qui ne bénéficient pas de l’intimité de la vie privée offerte par un foyer. Les chambres se louent à l’heure », explique Bob Thissen. Ce photographe néerlandais passionné d’exploration urbaine a percé le secret d’un de ces lieux pas comme les autres qu’il a exploré en douce afin d’en rapporter une série de clichés fascinants – et presque un peu inquiétants.

 

love hotel saloonBobThissen - Urbex : dans l'étrange intimité d'un "love hotel" japonais abandonné

 

Pour CNN, Bob Thissen raconte que pour son intrusion dans ce love hotel abandonné il a dû faire beaucoup de recherches sur Internet au préalable, car même si le Fuurin Motel est célèbre au Japon, les habitants en parlent peu : « D’un côté c’était une expérience vraiment cool, mais d’autre part c’était aussi très bizarre. J’avais peur de toucher quoi que ce soit ».

 

Les love hotels, secrets de polichinelle amoureux

 

Alors que leur apparition remonte à l’ère Edo, la popularité des love hotels s’accroit véritablement à partir des années 1960 avec la prospérité économique du pays qui s’installe. Secrets de polichinelle au Japon, leur fonction est loin d’être anodine dans un pays où les moeurs sexuelles sont souvent dites bien différentes des nôtres. Alors qu’on les appelle tsurekomi yado dans la langue de Mishima, ils représentent un sas de décompression où l’intimité peut enfin s’installer dans un pays où la pièce principale d’une maison ou d’un appartement sert alors souvent de chambre à coucher pour les parents, mais aussi pour les enfants : ce qui donne son importance à ces lieux qui se modernisent à vitesse grand V dans les années 1970.

À ce moment-là, on ne se cache plus : les love hotels adoptent alors un luxe de façade et une décoration composée d’images d’Epinal occidentales.

love hotel jacuzziBobThissen - Urbex : dans l'étrange intimité d'un "love hotel" japonais abandonné

 

De nos jours, il y aurait entre 20 000 et 30 000 love hotels au Japon, et si leur discrétion leur confère une aura de fantasmes et de mystères pour qui n’a pas été élevé sur l’archipel, vous en avez presque tous forcément croisé un au moins une fois dans votre vie : parmi vos emojis !

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L‘urbex comme mode de vie

Désormais bien loin d’être un explorateur urbain amateur, Bob Thissen s’est rendu dans plus d’une soixantaine de pays pour pratiquer l’urbex depuis 2007. Pour lui, tout est parti du rêve de « devenir un Indiana Jones des temps modernes. [L’urbex], c’est comme une visite au musée, mais sans aucune règle ». Ainsi s’est-il déjà introduit dans un véritable cimetière de vieilles voitures en Suède, divers parcs d’attraction désaffectés, ou encore des navires de guerre qui mouillent au large jusqu’à la fin des temps (entre autres).

 

love hotel armureBobThissen - Urbex : dans l'étrange intimité d'un "love hotel" japonais abandonné

 


Pour en voir davantage, visitez le site de Bob Thissen, sa page Facebook ou encore son flux Instagram.


 

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