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Les visages du rap français se mettent à nu sous l’objectif de David Delaplace

Les visages du rap français se mettent à nu sous l’objectif de David Delaplace

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15 octobre 2018
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15 octobre 2018
Le travail du photographe David Delaplace mis à l’honneur à la Maison de la radio du 28 août au 5 novembre 2018. Une centaine de portraits, extraits de son ouvrage « Le Visage du rap » sont exposés gratuitement, illustrant les rappeurs phares des années 80 à nos jours. Plongée au cœur d’une expo hors des clichés.

Première partie de l’expo : six grands tirages de rappeurs affichés dans le hall. Pas de mise en scène ostentatoire, les photos sont brutes et poétiques. Le portrait du Duc de Boulogne légèrement de 3/4 en dit long : charisme impressionnant, regard expressif, Booba sait s’imposer. Le rap étant souvent décrié dans les médias, David Delaplace refusait de photographier des « rappeurs avec des culs et des mitraillettes ». Cette expo est l’occasion pour lui de se « confronter à un public qui n’est pas le sien ».

La deuxième partie de l’expo, dans l’allée derrière l’accueil, est la plus importante. Elle retrace les temps forts du rap depuis son émergence et les personnalités qui vont avec. 80’s, 90’s, 2000’s et 2010’s, chaque décennie est accompagnée d’un texte du journaliste Olivier Cachin. En solo ou en groupe, les visages du rap français se découpent sur un fond rouge mat. David ne leur donne aucune indication, ils choisissent leurs poses et expressions : « je veux pas les diriger, je veux les montrer tels qu’ils sont ».

Calqué sur le modèle américain, le rap, et plus globalement la culture hip hop, déferle sur l’Hexagone dans les années 80. Les portraits des pionniers comme Dee Nasty ou encore Sidney et sa fameuse émission « H.I.P H.O.P » (1984) ouvrent le bal. C’est dans les années 90 qu’émergent des talents reconnus comme Mc Solaar ou Oxmo Puccino. Ox a même droit à son portrait de 2m50 en noir et blanc à l’entrée. Bob vissé sur la tête, regard au loin, le « Black Jacques Brel » attire l’œil par sa classe naturelle.

Marseille est aussi représentée dans la décennie 90 avec les pharaons rappeurs ou bien la Fonky Family. Des Sages Poètes de la rue à la Scred connexion en passant par la Mafia K’1 Fry, le rap se la joue collectif et impose son langage jusqu’aux années 2000. Les photos, elles, illustrent le rap conscient de Keny Arkana ou de Sinik et côtoie le visage tatoué de Seth Gueko.

portrait rappeur keryjames david delaplace photo - Les visages du rap français se mettent à nu sous l’objectif de David Delaplace

Après 2010, c’est la consécration. Avec la démocratisation de l’auto-tune par Tpain aux States et par Booba en France, on assiste à l’explosion d’une nouvelle génération de rappeurs « qui n’ont pas peur du succès » d’après Cachin. PNL, Niska, Jul ou Fianso défendent une vision décomplexée, entre « bicrave », ego trip ou peine de cœur. Les jeunes prodiges Nekfeu et Orelsan ont aussi droit à leur tirage à l’entrée à gauche. Adossé sur le capot d’une voiture, le rappeur du S-Crew est tout en sobriété.

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Le photographe a réussi à montrer le vrai visage du rap. Un visage complexe mais décomplexé, riche en univers et personnalités. Comme le résume Olivier Cachin : « le rap français, ça n’était pas mieux avant : c’est toujours mieux pendant ».

couverture livre levisagedurap david delaplace 1 - Les visages du rap français se mettent à nu sous l’objectif de David Delaplace


À découvrir jusqu’au 5 novembre à la Maison de la radio, entrée libre tous les jours de 10h à 19h !
Photos : © DR

 

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