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En Boucle #8 ft. Mr. Punisher : « Aux États-Unis, il se servent de samples pour faire des tubes ! »

En Boucle #8 ft. Mr. Punisher : « Aux États-Unis, il se servent de samples pour faire des tubes ! »

musique
3 novembre 2017
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3 novembre 2017
 Avec En Boucle, RADAR prend le temps d’interroger les producteurs sur le sample, un art aux airs de déjà-vu. Huitième et dernier épisode avec Mr. Punisher, dont les partitions puissantes et ténébreuses sont prisées par Booba, Sch, Kaaris, Gradur ou encore Dosseh. 

Quelle est la place du sample dans ton processus créatif ?

Pour tout dire, je n’ai pas souvent recours à ce procédé, si ce n’est pour sampler des voix façon Kanye. C’est assez galère pour les maisons de disques de clearer les samples, et puis tu dois filer tes parts à l’ayant droit de l’oeuvre que tu as samplé… Trop compliqué, au final. Après j’aime bien sampler, ça fait partie de la culture hip-hop.

 

Comment travailles-tu généralement les samples dans tes compositions ?

En fait, je crée moi-même mes propres samples. Sur « Quand on était mômes » d’Sch, les gens pensent que j’ai samplé le piano alors que c’est moi qui l’ait joué. J’ai mis des effets, des pitchs et tout, et ça a donné le résultat qu’on connait. Mais pour répondre précisément à ta question, quand je sample, j’ai tendance à découper le passage qui m’intéresse. J’aime trop sampler des voix. Même quand je sample des chansons R&B des 90’s, je cherche toujours des mélodies, des pistes vocales, des trucs qui te transportent où t’as juste a mettre un filtre et c’est limite le sample qui fait tout. [rires]

 

Quels sont tes producteurs de référence en matière de sample ?

Là je vais m’adresser aux vrais connaisseur de rap, mais je dirais Easy Mo Bee. J’ai grave kiffé sa façon de bosser les samples sur les deux albums de Biggie. Sans parler de ses drums… Damn ! Encore aujourd’hui j’en ai des frissons. Sur « Warning » il y a juste une boucle, mais qu’est ce que c’est lourd !

Après je dirais Kanye West par rapport au taf qu’il a fait sur The Blueprint et The Black Album de Jay Z. Les sons qui m’ont marqué c’est « Lucifer » et « Izzo (H.O.V.A.) » et certains morceaux qu’il samplait sur ses propres albums comme « Jesus Walks » ou encore « Can’t Tell Me Nothing ».

Et si je dois en désigner un dernier, ça se fight entre Timbaland et DJ Premier… mais je dirais Timbo, parce qu’il est encore dans l’air du temps et qu’il a su innover, en samplant des sons indiens ou égyptiens, des flutes, etc. En disant ça, je pense à « We Need a Resolution » ou « Don’t Know What To Tell Ya » d’Aaliyah, qui étaient des ovnis à l’époque. Je pourrais t’en citer pleins d’autres mais je vais me calmer. [rires] Tout ça pour dire que c’est un vrai passionné qui parle, un mec bercé par les bons sons US.

 

Quand il s’agit de sample, où est-ce que tu situes la frontière entre la reproduction et la création ?

Dans mon cas, c’est toujours de la création quand je sample puisque – comme je te l’ai dit – je compose moi-même les partitions que je vais sampler. Je me retrouve beaucoup dans ce que fait Honorable C.N.O.T.E. par exemple. J’aime son coté mélodieux, avec ses drums Trap. Tu as l’impression qu’il sample sans arrêt alors que c’est lui qui fait tout.

C’est pas mon truc de fouiner dans des bacs de vinyles ou de zoner sur le net à la recherche de sons a sampler. La plupart du temps tu revisites des trucs vu que les cain-ris ont tout sampler, fous comme ils sont [rires].

 

Selon toi, quelle est la définition d’un bon sample ?

C’est la bonne mélodie, la bonne voix ou le bon instrument qui n’est pas encombré par des drums et que tu peux couper au calme [rires]. Parce qu’essayer de s’en débarrassé sur un EQ [un égaliseur, NDLR], parfois ça le fait et parfois non. Tu vas entendre un snare qui va tout gâcher, ou le kick qui force… [rires]

 

Comment imagines-tu l’avenir du sample ?

C’est quelque chose qui est fait pour perdurer, d’autant que maintenant, tu as des beatmakers – à Toronto par exemple – qui arrivent à te faire des bons trucs en les rendant les samples méconnaissables. Puis il y a DJ Khaled qui revisite certains classiques et qui en fait des tubes. Parce que c’est ça le truc : aux États-Unis, ils se servent de samples pour faire des tubes ! Ils vont jusqu’à reprendre les paroles pour donner un petit côté nostalgique et ça marche à tous les coups. Tube !

 

En Boucle #8 ft. Mr. Punisher : « Aux États-Unis, il se servent de samples pour faire des tubes ! »
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Le premier morceau que tu as samplé ?

Je ne pourrais pas te dire précisément le titre du son mais c’était issu d’un manga. En fait, mon oncle – que je regardais composer – aimait bien écouter des OST de mangas pour essayer de les sampler. Parce que lui aimait sampler, pour le coup. Après j’ai commencé les prods par le sample vu que quand j’essayais de composer des mélodies sur des plug-ins, c’était tellement pété que mes oncles et ses potes se foutaient de ma gueule. Ils se marraient au lieu de m’encourager. [rires] Parfois, à mes débuts, je samplais des sons de rap et je les refilais à Cahiips. Une fois j’avais samplé un son de Kery James « Foolek », je me suis enregistré pour créer un sample vocal et j’ai dit a Cahiips de poser dessus. On a essayé un délire et c’était bien marrant, si il lit cette interview il risque de se marrer, « Hey Zulu ! » [rires]

 

Le morceau le plus original que tu aies samplé ?

Pour « Boyscout » de Dosseh, je voulais faire un banger sombre et j’ai samplé un personnage de manga. Je ne me souviens plus lequel, mais à un moment il déconnait et faisait une sorte de cri. J’ai pris ce cri, je l’ai modifié, retourné dans tous les sens et ca donnait quelque chose qui sonnait différemment. Sinon « E.T. » de Cahiips où j’ai samplé un FX, un effet qu’on place dans les prods, dans l’intro ou au début d’un refrain.

Le morceau original que tu as appris à apprécier à travers un sample ?

« Who Do You Love » de Bernard Wright, samplé sur le remix de « Loungin’ » de LL Cool J et Total.

 

Le morceau original qu’on ne devrait plus jamais sampler ?

« Check Yo Self » d’Ice Cube. [rires] Surtout la version française de l’époque, « Relève la tête »… j’étais fâché quand je l’ai entendu, d’autant que j’étais encore en mode puriste de son cain-ri. [rires] Le clip passait tout le temps à la télé, tous les matins avant que j’aille en cours ! Après je respecte quand même tous les artistes qui étaient présent sur ce titre.

Le sample dont tu aurais aimé être l’auteur ?

The Police « Every Breath You Take » que Diddy avait repris sur « I’ll Be Missing You ». C’était un grand coup de génie que de sampler ce titre. Il en a fait un hit, un classique que tu pourras toujours réécouter sans qu’il prenne une ride. Un jour, Mac Tyer m’a dit « La bonne musique ne meurt jamais » et depuis, je ressors toujours cette phrase car elle est véridique.

 

 

Le sample dont tu es le plus fier ?

Celui dont je suis le plus fier n’est malheureusement jamais sorti. C’était une prod que Joke avait présélectionnée pour son album Ateyaba, mais il ne l’avait finalement pas gardée. Du coup, c’est une perle que je garde au chaud, on ne sait jamais ! Tout ce que je peux dire c’est que j’avais samplé un son des 90s, avec quelques éléments rajouté, c’était magnifique… Je n’en dis pas plus sinon je vais finir par cracher le morceau. [rires]


Mr Punisher – Soundcloud / FacebookTwitter


 

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