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En Boucle #5 ft. Blastar : « Le sample, c’est une ancienne histoire qu’on raconte d’une nouvelle manière »

En Boucle #5 ft. Blastar : « Le sample, c’est une ancienne histoire qu’on raconte d’une nouvelle manière »

musique
5 septembre 2017
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5 septembre 2017
Avec En Boucle, RADAR prend le temps d’interroger les producteurs sur le sample, un art aux airs de déjà-vu. Cinquième épisode avec Blastar, qui après avoir collectionné les hits au sein du rap français, dessine les contours d’une carrière solo sans frontières, dont l’EP A Gynoid Story devrait être l’illustration.
 

Quelle est la place du sample dans ton processus créatif ?

Quand je compose, je vais essentiellement privilégier la création de mélodies et d’harmonies. C’est dû à ma culture Gospel qui m’incitait beaucoup à créer et à improviser. Selon moi, le sample est une autre forme de composition que j’utilise par petites touches. Après, il m’arrive de composer autour d’un sample. Je pioche souvent dans les périodes 80-90 parce qu’on peut découvrir des suites d’accords originales et des atmosphères bien particulières (synthwave, rock psychédélique).

 

Comment travailles-tu généralement les samples dans tes compositions ?

J’aime assez les « Drum fill », c’est-à-dire les relances ou les roulements de batteries, qu’elles soient synthétiques ou acoustiques. Lorsque j’ai envie de d’une ambiance précise, je vais faire en sorte de travailler le sample pour qu’ils soient cohérents avec le reste de ma composition. Il m’arrive de découper les mesures et de les inverser, filtrer les plus hautes fréquences ou encore – et c’est la tendance – l’inverser (un reverse).

Dans certains cas je peux également exagérer volontairement sur un effet, appliquer une grosse reverb, une distortion agressive ou un sidechain très prononcé.

 

Quels sont tes producteurs de référence en matière de sample ?

Ma référence ultime est DJ Premier, même si je pourrais citer Just Blaze, Nottz, Kanye West, No ID… Il y a certaines des oeuvres de Primo où lorsque tu vas sur WhoSampled et que tu découvres le sample original utilisé, tu es dérouté. Il a une méthode innée pour changer l’atmosphère d’un sample et assembler deux échantillons différents pour créer une nouvelle mélodie. Je pense au fameux « Boom » de Royce Da 5’9′ ou encore « Full Clip » de Gangstar.

J’apprécie également le travail de Havoc de Mobb Deep, simple et efficace où parfois il va te créer un beat avec un sample qui ne dure qu’une seule mesure. Dans le hip-hop plus mainstream, Timbaland est la référence car il a pioché dans pratiquement toutes les musiques du monde. Pour les plus récents je pense à Vinylz, DJ Dahi et Sounwave.

Aujourd’hui, l’utilisation de la technique du sample est moins populaire chez le beatmaker, mais elle ne pourra jamais mourir puisque c’est l’essence même du hip-hop. Les possibilités sont pratiquement infinies et surtout, c’est une marque de mémoire musicale. C’est symboliquement une ancienne histoire qu’on raconte d’une nouvelle manière en musique. De génération en génération.

 

Selon toi, quelle est la définition d’un bon sample ?

Mis à part le sample « grillé » – comme on dit – qui peut devenir un mauvais sample, je pense que tout échantillon devient bon selon la manière dont il a été travaillé. Après bien sûr, tu peux parfois tomber sur 20 secondes de sample extraordinaire où tu n’as plus qu’à rajouter un beat.

 

Comment imagines-tu l’avenir du sample ?

Il ne mourra jamais et reviendra par cycle selon les tendances. Dans 40 ou 50 ans, les morceaux qu’on écoute aujourd’hui seront samplés, remixés ou repris. Et puis il y a cette mode du vintage qui revient à chaque fois, reprendre ce qui se faisait il y a 20 ans par rapport à notre époque. Nous sommes dans une ère où il est plus facile d’exprimer sa musique donc plus de possibilités de sampling. C’est infini.

 

Le premier morceau que tu as samplé ?

Il me semble que c’est « Human Nature » de Michael Jackson comme « It Ain’t Hard To Tell » de Nas.

 

Le morceau le plus original que tu aies samplé ? 

Un jour j’avais oublié toute ma base de drumkits pour une session studio. Et il a fallu improviser pour créer une atmosphère « tribale ». Du coup, j’ai enregistré moi-même mes percussions en jouant sur des chaises, des tabourets et une table, puis je les ai samplées. Vraiment sympa le rendu final, ambiance IKEA ou Conforama [rires].

En Boucle #5 ft. Blastar : « Le sample, c’est une ancienne histoire qu’on raconte d’une nouvelle manière »
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Le morceau original que tu as appris à apprécier à travers un sample ?

Alors dans 99,9% des cas, je vais préférer l’original au sample. Il y a souvent une histoire, une période qui justifient l’oeuvre de base et c’est presque toujours plus profond musicalement. Pour le 0,01%  restant, il faudrait que je fouille longuement dans ma mémoire.

 

Le morceau original qu’on ne devrait plus jamais sampler ?

Je pense à tous ces samples disco-funk de Georges Benson, Earth, Wind & Fire, Chic… Ces oeuvres se suffisent à elle même.

 

Le sample dont tu aurais aimé être l’auteur ?

Rien de très orignal mais « Ike’s Rap 2 » de Isaac Hayes. Autrement, le « Glory Box » de Portishead m’avait retourné le cerveau à l’époque. Je pense que cette chanson possède la ligne de basse la plus sexy de l’Univers.

 

Le sample dont tu es le plus fier ?

Sur la prod de « Harajuku » de Joke, je me suis auto-samplé car j’avais du mal à trouver un échantillon qui me convenait. J’ai dû créer ma propre ambiance et aussi travailler le sample en le découpant.

 


BONUS

Blastar nous a préparé une playlist avec certains titres qu’il a produit👌✨



© Blastar – Facebook SoundcloudInstagram


 

 

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