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Le collectif NAAR compte bien ajouter le Maroc sur la carte du rap mondial

Le collectif NAAR compte bien ajouter le Maroc sur la carte du rap mondial

musique
27 avril 2018
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27 avril 2018
Partout dans le monde, des micro scènes rap explosent portées par une nouvelle génération. Focus sur le Maroc avec le collectif prometteur NAAR.

Kareem Kalokoh en Grèce, Sfera Ebbasta en Italie, Di-Meh en Suisse. Partout en Europe, les rappeurs d’une nouvelle génération explosent, propulsés par Internet et réinterprétant un rap saupoudré de couleurs locales. C’est aussi le cas au Maroc avec le collectif NAAR, comprenant le duo Shayfeen (formé par Shobee et Small X) et Madd.

Une association forgée sur la recherche d’un rap qui leur ressemble, et pour Shayfeen ça passe par créer un laboratoire à Safi, loin de l’influence et l’effervescence de grandes villes comme Casablanca.

“Safi c’est comme une ville industrielle, à la manière de Detroit aux Etats-Unis. On a fondé Shayfeen en 2006 avec Small X (…) Mon père est de Safi, à l’époque il y avait un énorme mélange de cultures là bas, des juifs, des français, mon père avait même des amis chinois (rires).” explique Shobee.

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Se tenir à l’écart des distractions et des clubs pour se concentrer sur leur vision, c’est le plan de Shayfeen pour ne sonner comme personne. Ils rajoutent :

“On ne voulait pas faire des scènes. C’est une bonne chose qu’on n’ait pas été connus quand on a commencé à 15 ans, parce qu’on n’avait pas le recul qu’on peut avoir maintenant. On a beaucoup expérimenté pour comprendre où on voulait aller, et quand on est sorti pour faire écouter ça au grand public, les gens se demandaient d’où on venait, d’où on sortait des sons comme ça.”

Avec leur première mixtape “L’Energie”, l’EP 7 sorti en 2016, et quelques millions de vues sur YouTube plus tard, le duo gagne le respect de la première génération des rappeurs marocains et tisse des liens avec des artistes internationaux, allant de la France au Canada. Une ouverture qui passe par internet, faisant tomber au passage les frontières d’un rap régional.

“On a beaucoup de connexions avec le rap européen, avec Di-Meh de la nouvelle wave suisse, on va collaborer avec Caballero & Jeanjass de Belgique, d’autres mecs de la nouvelle génération en Australie…La langue n’est plus une barrière, on partage les vibes maintenant. Même ici au Maroc, la majorité ne comprend pas le français mais aime l’énergie.” analyse Shayfeen.

 

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Dans un pays où l’industrie du rap n’est pas développée, l’existence de NAAR fait figure d’exploit, réalisé à la sueur de leur front. Un phénomène que l’Etat marocain tente de se réapproprier et adoucir pour le faire passer en télé, à la manière des Victoires de la Musique en France.

Pour cette 3e génération de rappeurs, la vision est claire : se détacher d’un rap trop américain en racontant leurs propres histoires, avec mélancolie et une énergie débordante.

“Les jeunes ont une rage en eux et veulent être libres. Tu peux le sentir quand tu lances un morceau qui parle de leurs problèmes, plus que quand tu balances un morceau de trap avec des grosses 808. Nous on veut dire ce qu’on a de profond, mais pas en se plaignant. On a transformé cette énergie en espoir. On était contre le fait de se plier à la culture ou à la religion pour faire passer notre message.”

 

 

Un message profond, qui passe également par le fait de réaliser des clips coups de poing. C’est sur cette image que travaillent Mohamed Sqalli (le directeur artistique du collectif NAAR), Ilyes Griyeb (photographe et réalisateur) et Natacha Lecsei (réalisatrice documentaire).  À trois, ils s’attachent à mettre le collectif en images avec sincérité, à l’instar de leur clip avec Laylow, tourné à Meknès.

“C’est une ville qui a une identité différente des villes marocaine actuelles, c’est une ancienne grande ville en difficulté économique. Tu peux sentir une certaine ruralité dans cette ville, une certaine authenticité. C’est le symbole du Maroc qui change.”  raconte Ilyes, avant de rebondir sur cet article de Mohamed Sqalli à propos des réalisateurs marocains qui racontent leur vécu, sans passer par un prisme européen fantasmé.

“Je pense que c’est important de raconter notre propre histoire nous-mêmes, parce que c’est ce qu’on vit. C’est sans filtre, honnête, ça n’a pas de but purement esthétique comme pourraient le faire des réalisateurs étrangers qui viendraient ici. Par nous, le message est un peu plus complet.”

 

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Un témoignage fort qui commence maintenant à dépasser les frontières, à l’image de leur dernière date parisienne où ils ont fait face à un public survolté. Un bon signe pour le collectif, bien décidé à faire partie de cette génération nourrie des autres cultures grâce à Internet.

“Même s’il y a une identité arabe, on a un gros mix culturel qu’on aimerait que le monde découvre, comme on a découvert chaque arôme dans des pays différents. La nouvelle vague a tout changé avec des gars comme Laylow. Nous on a travaillé les flows pour que ça matche avec cette évolution-là. Je pense que les USA ont peur maintenant, parce qu’ils s’aperçoivent que d’autres genres de rap peuvent être maintenant rentables.” conclut Shayfeen.

Des paroles prophétiques sur le point de se réaliser si l’on n’en croit les chiffres. En 2 jours, le collectif vient de cumuler un demi-million de vues pour un clip tourné à l’arrachée dans Paris. Signe que le rap marocain a de beaux jours devant lui ? Sans aucun doute.


All pics © Framepictures

Retrouvez NAAR ici : FacebookYouTubeSite


 

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