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Mixtapes, légitimité rap et Candy Up : notre interview de Nelick

Mixtapes, légitimité rap et Candy Up : notre interview de Nelick

La dernière fois qu’on avait aperçu Nelick, c’était cet été sur la scène RADAR aux Solidays. Il faisait chaud, et pas seulement à cause du soleil. Plus de six mois plus tard, on le retrouve autour d’un café à la Rotonde. L’occasion de discuter de “Dieux sauve Kiwibunny”, sa 2e mixtape qui nous fait un peu plus plonger dans les méandres colorés de ses pensées. Plus profond que son premier projet, on dirait bien que le rappeur a creusé une voie en plus personnelle et aventureuse. Et c’est tant mieux ! 

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Comment tu te sens maintenant que ton deuxième projet, « DIEU SAUVE KIWIBUNNY », est sorti ?

Grave bien, je suis grave content.

Je ne pensais pas qu’on allait me faire ce genre de retours. Je pensais que ça allait être moins gentil, parce que j’ai changé de délire par rapport à la première mixtape. Je pensais que ça allait décevoir beaucoup de gens, et au final pas du tout. Par exemple, il y a pleins de gens que je connais qui n’étaient pas convaincus à 100%, et maintenant c’est le cas, c’est grave cool.

 

Qu’est-ce qui a changé pour toi depuis ta première mixtape sortie il y a un an ?

En un an, j’ai écouté pleins de sons, j’ai appris où je voulais aller. L’équipe autour de moi a évolué aussi.

Avant j’étais vraiment tout seul, maintenant je travaille aussi pour les gens qui sont sur le projet. Ça m’a donné envie de faire les choses mieux en fait.

 

 

Pourquoi tu as annoncé ce projet comme une mixtape plutôt qu’un album?

Clairement, c’est juste parce qu’il y a 12 titres. Parce que ça ne fait pas trop album. Et aussi que ce n’est pas disponible en physique.

Sinon je l’aurais annoncé comme ça.

Nelick KIWIBUNNYTAPE radar interview - Mixtapes, légitimité rap et Candy Up : notre interview de Nelick

 

Cette hiérarchie entre mixtape et album est importante pour toi ?

En vrai, j’ai un peu ce truc ouais. Je sais que le 3 ème projet c’est l’album, le meilleur projet de l’artiste en général.

 

Dans cette mixtape, il y a une profondeur plus affirmée dans les productions – moins “type beat” que la première. Comment tu as été la chercher ? 

Je voulais vraiment faire une musique qui me ressemblait vraiment. Avec les type beats, c’est moi qui m’adaptais à la production.

Pour ce projet, j’ai composé la moitié avec Jagger Jazz, ça m’a permis d’aller plus loin dans les sons, de creuser. Par exemple, pour l’interlude “Feeling”, c’est un son que j’ai kiffé faire parce que c’est le ralenti d’un autre son.

C’est un flip à la J Cole ça…

Voilà c’est ça (rires). Du coup, on a essayé de faire pleins de choses.

Par exemple “Robe Rouge”, c’était à la base un remix de “Substance”, qui avait été fait par Sam Tiba. Ca m’a permis d’aller plus loin.

 

Dans cette mixtape il y a Sam Tiba donc, mais aussi Wantigga qui est très proche du label Roche Musique.

À quel point tu écoutes ce genre de musique électronique ?

Je n’écoutais pas beaucoup, mais je kiffe de ouf des artistes comme Crayon par exemple. J’aime bien toute cette vibe électro et ce mouvement qu’il y a autour, comme FKJ aussi.

Je ne connaissais pas Wantigga avant, c’est mon éditeur qui me l’a présenté. On a matché de ouf, on a prévu de faire d’autres sons ensemble, on s’envoie pas mal de trucs.

 

 

Ce genre de croisement rend ton style unique dans le paysage du rap en français. Tu te considères plus rap, plus pop ?

J’ai pas forcément de direction ni d’étiquette. C’est marrant parce qu’on en parlait avec un pote récemment. Lui il disait qu’il faisait de la “cloud hip hop”, et moi du “hip pop” (rires). Mais si t’as l’impression d’écouter du rap quand tu passes mes sons, c’est cool, si t’entends du R&B c’est cool aussi. Si tu ne sais pas ce que tu écoutes, ça veut juste dire que c’est différent.

 

Dans “Ephémère” , tu parles de désillusion face à ta carrière. Comment tu vis cette nouvelle “notoriété”  ?

Ça n’a pas bouleversé ma vie, mais ça a changé pas mal de choses. Avant je n’avais aucun rapport avec la musique, j’ai pas fait d’études pour en arriver là. Je veux dire, c’est compliqué d’arriver dans un milieu où tu débarques sans rien à part ta propre expérience. Tu dois t’adapter aux autres, apprendre comment ça marche. Et puis c’est bizarre comme industrie, c’est comme du trafic d’art, c’est un peu chelou et ça me fait peur. Après, j’ai la chance d’être bien entouré, mais c’est pour ça que j’écris avoir peur que ce soit éphémère. Le fait de vivre tout ça d’un coup, je ne trouvais pas ça forcément légitime et mérité, mais à la fois si je perdais ça, ça serait relou.

 

Aujourd’hui encore, tu as encore le sentiment de ne pas te sentir légitime ?

Un peu, je me dis que le plus dur reste à faire. J’ai de la chance d’en être là, et je me dis que les gens comptent sur moi, et qu’ils veulent en avoir plus de ma part. Après normal, c’est pareil pour tout le monde, genre regarde Kylian Mbappé il n’a plus le droit à l’erreur. (Rires)

 

Ce qui est frappant dans tes textes c’est que tu ne caches rien de cette mélancolie…

C’est comme ça que j’ai commencé à écrire, c’est mon truc à moi. J’aime bien dire les choses directement, sans passer par mille métaphores saugrenues pour dire quelque chose tout simple, c’est plus efficace.

 

D’ailleurs dans “Éphemère”  tu parles une nouvelle fois de ta mère. Comme dans “10 décembre” de ta mixtape précédente.

Quelle est la place de tes parents dans ta carrière ?

Avant la Kiwibunnytape, ma mère ne savait pas que je rappais, mais ouais l’avis de mes parents compte beaucoup. À chaque fois que j’écris, je me dis que j’ai envie de rester fidèle à l’idée qu’elle a de moi quand elle écoute, et il faut que ça soit la même chose avec mon meilleur pote, ou tout le monde en fait. Que les gens aiment ou pas je m’en fous, mais il faut que ça me ressemble. Mais ouais l’avis de ma mère compte, comme dans tout métier, t’as envie qu’elle soit fière de toi, pas qu’elle te dise “c’est de la merde”.

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Kalash Criminel disait “si ma daronne m’avait dit d’arrêter le rap, j’aurais arrêté direct ». Tu aurais fait la même chose ?

Non (rires). J’aurais continué de toute façon, mais elle m’a grave soutenu. Au début, ma mère croyait que le rap c’était dangereux. Après, elle a vu mes clips et elle a trouvé ça bizarre, parce que ça ne ressemblait pas à du 50 Cent ou du Eminem.

 

Et maintenant elle écoute ta mixtape ?

De ouf ! Là par exemple je pouvais pas utiliser Spotify parce que ma mère écoutait mon album dessus.

 

Un dernier mot :  sur ton obsession pour le Yop sur tes artworks ?

C’est du Candy Up (rires). Ça vient de mon enfance, quand j’en buvais de ouf.

J’ai commencé à faire des story où j’en buvais, et les gens me disaient soit que c’était trop bon, soit que ça les dégoutait. Je trouvais ça trop bizarre que cette boisson divise les gens, et du coup j’en ai fait mon totem. Au delà de la musique, ça t’amène dans un univers esthétique à part, ça serait un endroit où il y aurait des boissons, des trucs à manger. Les gens se sont grave appropriés le délire donc je continue, et je trouve ça trop cool. Il y aura du Candy Up sur toutes mes covers, c’est sûr, j’ai déjà pleins de covers à venir avec ça maintenant.

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Écoutez “Dieu sauve Kiwibunny”


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Picture Couv © Katarina Timotijevic

 

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